Un peu d’imaginaire - Élodie Briard

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Un peu d’imaginaire

Un peu d’imaginaire - Élodie Briard

Je prenais la résolution d’écrire tous les jours depuis le jour de l’an, et de me relire seulement l’année prochaine, si le destin me prête vie. Je me devais pour cela, de choisir un thème, chaque jour, par n’importe quel biais. Que ce soit le journal, la télé, ou simplement un mot entendu durant la journée. Si malgré cela, je ne me décidais pas, je prenais un mot au hasard dans le dictionnaire, et je brodais autour tout un imaginaire muni de sens, ou pas. J’avais intérêt à aller fouiller dans les bas-fonds de ma mémoire, ainsi que dans toutes les circonvolutions de mon cerveau pour faire ressortir des textes, dont le seul intérêt, et j’insisterai pour cela, sera d’être nécessaires, ou utiles.

J’avais reçu comme cadeau de Noël, un nouveau PC tout neuf, et je comptais bien faire mes trois pages journalières. Je le prenais avec moi, et commençais à taper dans le métro. De la station Henri-Bourassa, jusqu’à la station Berri UQAM, il y a bien 20 minutes. J’avais pour exercice dans ce seul laps de temps, de créer l’ossature de mon récit. Pendant la pause de midi, j’écrivais un petit paragraphe. Le voyage de retour dans le métro, me servait à écrire des fois le deuxième en entier. En rentrant chez moi, je finissais mon écrit, avant de me mettre à la cuisine. Ce n’était pas pour plaire à tout le monde.

Un dimanche, une forte tempête de neige nous bloqua à la maison. Cette journée-là, je devais faire des milliers de choses, et je n’arrivais pas à sortir ma voiture de chez moi. Au bout d’une heure, j’en avais plus qu’assez de pelleter. Je rentrais à la maison pour écrire, mais je n’avais aucune idée en tête. Je prenais le dictionnaire, et pointais du doigt un mot au hasard. Dentiste. Pas très original. J’essayais de regrouper tous mes souvenirs à propos du dentiste Côte-Vertu chez qui nous allions toute ma famille quand j’étais jeune. Je finissais par trouver quelques anecdotes plutôt amusantes. J’enrobais tout cela avec des tas de petits indices de mon imaginaire. Je me levais, et me rasseyais sans cesse pour trouver la phrase adéquate, et rajoutais quelques tournures de phrases liées étroitement à mon style d’écriture. Personne n’aime aller chez le dentiste, autant en parler d’une façon drôle. Mais si je regardais cela du côté du dentiste, serait-il possible que nous soyons drôles pour eux ? J’ai la certitude que oui. Autant y aller de ce côté.